Je me tiens à ma résolution pour l’instant, voici la présentation de l’avant dernière arrivée ! Enfin, c’est la troisième fois qu’elle arrive !
Parce que la montre que je vais présenter aujourd’hui, c’est un classique : une NY0040 !
Et comme je dis, c’est la troisième fois qu’elle vient orner mon poignet : d’abord en bleue (en septembre 2018), puis en full lume (en octobre 2019) et enfin dans sa version noire (cinq ans plus tard, donc).
En cinq ans, Citizen a gommé le principal défaut de cette montre: le mouvement sans stop seconde. Désormais, elle est équipée du 8204 (évolution du 8203) avec le stop seconde, donc. On est donc sur le même tracteur hyper robuste, avec son mouvement qui ne se remonte que dans un sens (et sa masse oscillante qui fait justement le bruit d’un tracteur).
On va faire simple sur cette montre :
> C’est l’une des premières vraies montres de mon parcours horloger, et je l’aime toujours autant.
> J’ai plusieurs fois failli la racheter.
> C’est la montre que je conseille à n’importe qui, qui débute en horlogerie et qui veut une plongeuse fiable et solide
Comme vous allez le voir, malgré le fait que cette NY0040 soit beaucoup moins chère que les montres que j’ai présenté ces derniers temps, son ADN est également militaire.
Bref, comme d’habitude, entamons cette revue avec un peu d’histoire !
Commençons donc par le début : Citizen !
La marque
Je ne vais pas faire de grands paragraphes sur Citizen, retracer l’histoire de cette marque prendrait des heures. Mais si on fait les choses rapidement la marque Citizen, c’est une vieille dame japonaise toujours en forme.
L’histoire commence vraiment en 1918, avec la création de l’Institut Horloger Shokosha à Tokyo, c’est le premier grand centre japonais de recherche en horlogerie mécanique. Mais, il y a un lien très fort avec la Suisse : en effet, le grand artisan du développement de la compagnie est le suisse Rudolphe Schmid, qui dépose la marque Citizen en Suisse, en 1918. Malgré des difficultés, la marque prend son envol durant l’entre deux guerres, bénéficiant de l’assistance technique d’horlogers suisses.
En 1924, sort une montre de poche marquée d’un nom tout neuf : Citizen. Le maire de Tokyo de l’époque avait choisi ce nom pour symboliser l’ambition d’une montre de qualité disponible pour tout le monde. En 1930, la société Citizen Watch Co. Ltd. est officiellement fondée, avec pour mission de produire des montres japonaises de précision.
Dès les années 1950, Citizen se démarque. En 1956, la marque sort la Parashock, première montre japonaise à système antichoc :

Source : thewatchobserver
Puis la Parawater en 1959, la première montre étanche conçue au Japon :

Source : plus9time
Cette dernière ouvre la voie à toute une lignée de montres robustes, orientées vers les aventuriers et les professionnels.
Dans les décennies suivantes, Citizen s’impose comme un monstre technologique : dans les années 1970, elle devient pionnière du quartz, aux côtés de Seiko, avant de reprendre la main sur le terrain de l’innovation dans les années 1990 grâce à la technologie Eco Drive.
Pour en savoir plus sur l’histoire de la marque : https://thewatchobserver.ouest-france.f ... exclusive/
L’histoire de la montre
Sortie au milieu des années 1990, la NY0040 est une montre pensée pour la plongée professionnelle. Elle fait d’ailleurs partie de la gamme Promaster, équivalent du Prospex de Seiko.
Elle a d’ailleurs été en dotation pour la marine italienne pendant une dizaine d’année.

Source : verygoodlord
On raconte d’ailleurs que cette Marina Militare est exactement la même que la version civile (sauf son cadran) alors que la civile indique une étanchéité à 200m contre 500m pour la version militaire. D’après certaines sources, la montre est simplement capable d’encaisser les 300m d’étanchéité d’écart sans aucune modification.
Bref, on va replonger avec une montre dans les standards militaires : robuste et opérationnelle !
Les spécifications techniques
Citizen Promaster NY0040
Boîtier
Diamètre : 42 mm
Épaisseur : 12 mm
Longueur corne à corne (lug to lug) : ~47,5 mm
Entrecorne : 20 mm
Matériau : Acier inoxydable
Étanchéité : 200 mètres (20 ATM), montre de plongée conforme ISO 6425
Fond de boîte : plein, vissé
Couronne : vissée à 8h
Poids : environ 90–95 g (sur bracelet caoutchouc plus léger que sur acier)
Lunette
Unidirectionnelle, 60 clics
Insert gradué 60 minutes
Verre
Verre minéral
Mouvement
Citizen / Miyota 8204 (évolution du 8203)
Automatique, remontage manuel possible
Stop-seconde
21 rubis
Fréquence : 21 600 A/h
Réserve de marche : environ 40–45 heures
Cadran
Aiguilles et index généreusement luminescents
Affichage jour/date
Le packaging
C’est une montre peu chère, mais le packaging est bien plus élaboré que pour les dernières montres présentées avec cette géniale bouteille de plongée jaune !

Le cadran
Le cadran de cette version est noir laqué. C’est sobre, évidemment, mais ça change des cadran mat dont j’ai l’habitude !

Ça apporte un peu de vie, quand les aiguilles se reflètent sur le cadran notamment.
En blanc, entre 12h et le centre, se trouvent les indications : CITIZEN AUTOMATIC.

A 6h, DIVER‘S WATER RESIST en blanc suivi de 200M en rouge.

A 3h, le guichet date/jour est cerclé d’argenté.

Les index
Hormis l’index à 12h, on est sur des index assez classiques. Quoique.
Les heures sont des cercles cerclés (assez rare sur cette gamme de prix).

Sauf à 6 et 9h où c’est un trapèze.

Et à 12h ou le polygone est inconnu au bataillon !
C’est l’un des éléments caractéristiques de cette NY0040.

Les aiguilles
Les aiguilles tarabiscotées ce sont la marque de fabrique de cette NY0040 ! Elles sont brillantes, avec une finition très basique.

Deux flèches bien différentes !

Pour l’aiguille des secondes, c’est le contrepoids qui est lumé.
Le boitier
Boitier simple aussi : poli sur les tranches, brossé sur le devant.

Il n’y a pas de chanfrein.

Le protège couronne est intégré au boitier.

Le boitier est vraiment arrondi.
Le verre
Le verre est un verre minéral. Je n’ai pas une haine contre les verres minéraux honnêtement. Mais pour certains, c’est l’un des points faibles de cette montre.
La lisibilité est bonne malgré l’absence d’anti-reflet.

La lunette
La lunette est de conception simple, uniquement clipsée comme sur une SKX.
En terme de préhension, c’est par contre très bon grâce aux dents. D’après certains, c’est la forme « fugu ».

Bref, c’est tout bon dans cette gamme de prix. Pas de retour, le clic (sur les 60) est franc et net.
L’insert est simple aussi : pour le lume uniquement une bille à 12h (cerclée tout de même).

Pour le reste, il est entièrement gradué avec ne couleur un peu argent.

Le fond
Basique ! Mais entièrement poli de manière surprenante !
Les infos sont juste imprimées au contraire des précédentes versions (économies permettant le passage au 8204 ?)

La couronne
La couronne à 8h, c’est le signe distinctif de la série NY0040 !
Niveau préhension, c’est très bon : la couronne est assez grosse et les stries suffisamment profondes pour être utiles. La tête de couronne est concave, c’est un élément assez particulier pour le signaler !

Le bracelet
Le bracelet acier est une catastrophe !
Honnêtement, c’est le plus gros défaut de la montre et dans cette dimension, elle fait clairement son prix… Le réglage du bracelet ? une horreur !
Déjà on est sur des maillons pleins mais mal finis. On n’est pas loin de la tôle ondulée.

Ensuite, la boucle avec extension de plongée est juste cheap.

Et en plus, le bracelet est trop grand pour un poignet de 15.5… Voilà !
Le mouvement
Nous avons donc un 8204 à l’intérieur. A part le stop seconde, qu’est ce qui change ? Vraiment pas grand-chose, une réserve de marche optimisée parait-il (42h à la place de 40).
Néanmoins, dans mon cas, je voulais impérativement le stop-seconde, donc c’est une excellente évolution.
Le lume
Le lume est bon, comme attendu ! Pas aussi brillant qu’une skx, mais ça brille toute la nuit sans soucis !
Conclusion :
La meilleure des plongeuses en dessous de 200e
A part le bracelet acier, elle n’a pas vraiment de défaut. Elle est originale, fait tout bien pour une montre entrée de gamme et s’offre même le scalp de montres plus prestigieuses sur certains aspects (la préhension de la lunette notamment).
Comme je disais, c’est la montre que je conseille systématiquement à quelqu’un qui commence à s’intéresser à l’horlogerie et qui cherche une plongeuse auto. Et à tous les gens qui veulent une montre efficace, mode montre outil.
Alors, comme j’alterne les phases de réduction de la boite à montre puis que je succombe à une nouvelle montre en en revendant d’autres, il est presque certain qu’elle ne restera pas éternellement dans ma boite. Mais elle me donne beaucoup de plaisir depuis que je l’ai récupérée !
Disons que pour moi c’est un petit bonbon, plaisir à pas trop cher, qui me rappelle que la montre que je me suis offerte quand j’ai eu mon diplôme était… une NY0040 bleue !
Vraiment bravo et un grand merci pour ce travail d'information. J'ai déja eu cette montre et souvent j'ai faillit cliquer plus d'une fois chaque fois que j'en voyais une passer dans les occasions. Maintenant que je connais son l'histoire il y a peu de chance que je laisse passer une occasion.



