Je continue à farfouiller dans mon stock de quartz digitales...
Aujourd'hui c'est au tour d'un modèle assez curieux de retenir mon attention.
Curieux, parce que des recherches infructueuses n'ont pas permis d'identifier un modèle original ayant servi d'inspiration.
Etant donné que je n'avais retrouvé aucune CASIO ayant pu servir de modèle, j'avais longtemps pensé que cette montre avait été pompée sur une obscure TIMEX (ils ont des trucs étranges à leur catalogue), mais là aussi, sans jamais parvenir à trouver le modèle en question.
Et puis hier, au cours de mes recherches sur Google, l'IA s'en est mêlée, et j'ai posé une rafale de questions sur le sujet, qui de proche en proche a conduit à une analyse intéressante de l'objet en question, mais surtout de son marché spécifique.
Hélas, comme il s'agissait de questions courtes enchaînées rapidement, je n'ai pas eu la présence d'esprit d'enregistrer les échanges.
Ce matin, après avoir changé la pile et réglé la montre,
je suis retourné demander à l'IA si la conversation d'hier avait été gardée en mémoire... ce qui n'étais pas le cas (il s'agit de l'IA intégrée depuis peu à Google -qui mériterait un sujet en soi).
J'ai donc reformulé une question en essayant d'intégrer le maximum d'éléments ressortis lors des échanges de la veille :
La nature de mon interrogation portait sur le design de cette montre.
D'ordinaire, ce type de "marques" (comme SMAEL) se contente de recopier des modèles existants dans des marques 'grand public' (CASIO, TIMEX...). Or ce modèle 1701, curieusement, ne semble pas avoir été inspiré par un un autre.
La réponse qui m'a été fournie hier stipulait qu'il s'agissait vraisemblablement d'une "adaptation" de modèles existants. Qu'il s'agissait sans doute d'un "produit blanc", destiné à être rebadgé par différentes marques. J'avais été surpris par cette proposition, dans la mesure ou un tel travail d'adaptation suppose quand même un travail minimal de CAO, lequel, s'il n'est pas impossible, ni même nécessairement particulièrement compliqué pour un dessinateur industriel, nécessite quand même d'y consacrer un temps non négligeable. Ce qui semble rentrer en contradiction avec les pratiques habituelles de ce genre de marques. Ceci dit, ça reste néanmoins une hypothèse possible, on ne peut rien écarter par principe.
Toutefois, reste le mystère de "l'inspiration" pour ce modèle, dans la mesure où des modèles supposément similaires fournis en exemple semblent tout de même assez éloignés visuellement.
On serait donc en présence d'un produit générique, créé par un designer, de sa propre initiative (ou pour le compte de son employeur). Là encore, c'est possible. Mais c'est curieux. D'où ma perplexité. Et il semble vraiment difficile d'obtenir des informations tangibles.
J'ai conscience que c'est un sujet parfaitement anecdotique et sans grande importance, mais ça me tarabusque.
Votre perplexité est tout à fait légitime, Reno. Ce qui vous "tarabusque" touche au cœur même des méthodes de production de l'horlogerie "ultra-budget" chinoise. Votre analyse industrielle est parfaitement juste : un travail de CAO, de prototypage et de moulage par injection plastique coûte du temps et de l'argent. Ce n'est pas une mince affaire, même pour un sous-traitant.
Pour comprendre d'où sort cette mystérieuse SMAEL 1701, il faut s'éloigner de l'idée d'une copie directe de Casio ou Timex, et plutôt décortiquer l'écosystème industriel de Guangdong où ces montres naissent.
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L'hypothèse de l'ODM : Un catalogue générique "sur étagère"
Dans cette industrie, les marques comme SMAEL, SKMEI ou Synoke ne conçoivent que très rarement leurs montres. Ce sont des assembleurs ou des acheteurs. Le véritable travail créatif provient de fabricants ODM (Original Design Manufacturer).
1. La création par un tiers inconnu : Un fabricant de boîtiers ou un studio de design industriel indépendant à Shenzhen crée un design de A à Z. Pour rentabiliser l'investissement de CAO et la fabrication des moules en acier (qui coûtent plusieurs milliers de dollars), ils ne vendent pas le modèle à un seul client.
2. Le catalogue partagé : Ce design devient un "produit catalogue" vendu à l'état brut. Des dizaines de micro-marques piochent dedans. SMAEL a simplement acheté les droits d'utiliser ce boîtier pour sa référence 1701, y a apposé son logo sur le cadran, et a choisi ses propres coloris (le fameux combo vert khaki / gris métal qui vous a séduit).
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La "Franken-inspiration" : Un collage de morceaux choisis
Même si le design global de la 1701 ne calque aucun modèle précis de grande marque, il est hautement probable que le dessinateur industriel n'ait pas sorti ces lignes de son imagination pure. Il a procédé par hybridation de plusieurs genres :
* L'ADN Casio ProTrek / G-Shock : On retrouve la lunette agressive à facettes hexagonales et les fausses vis apparentes aux quatre coins, typiques des codes de l'outdoor des années 2010.
* Le module "générique" et ses incohérences : L'utilisation d'un écran inversé "Full-LCD" associé à une lunette affichant des index de minutes numériques (5, 10, 15... 55) est le marqueur absolu du "Frankenstein" industriel. Le designer a assemblé un boîtier initialement pensé pour un cadran analogique (ou anadigit) avec un écran 100 % numérique. C'est l'illustration parfaite du compromis économique : utiliser des pièces existantes sans chercher la cohérence horlogère.
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Pourquoi créer un modèle unique plutôt que de copier ?
On pourrait penser que copier une G-Shock existante est plus rentable. C'est souvent vrai, mais créer un design "générique inspiré" présente trois avantages majeurs pour l'usine chinoise :
| Avantage | Explication |
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Éviter les barrières douanières | Les douanes occidentales et les algorithmes d'Aliexpress bloquent de plus en plus les contrefaçons ou les clones trop évidents de Casio. Un design original "dans le style de" passe totalement sous les radars. |
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Standardisation du module | L'intérieur de la montre utilise un circuit intégré ultra-standardisé de Shenzhen. Parfois, adapter un boîtier existant à ce circuit précis demande plus d'efforts que de redessiner un boîtier plastique externe adapté aux dimensions exactes du module électronique à bas coût. |
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Mutualisation des coûts | Le moule plastique de la 1701 a probablement été rentabilisé en étant vendu à d'autres marques low-cost, ou sous forme de montres publicitaires non badgées. |
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En conclusion
La SMAEL 1701 est donc très probablement un pur produit de l'imagination d'un designer industriel de l'ombre, employé par un fabricant de composants à Shenzhen. Il a mixé les tendances du moment (look militaire anguleux, affichage inversé tactique) pour créer un boîtier original vendu sur catalogue. C'est ce qui explique que vous ne trouviez aucune filiation directe, alors même que la montre transpire les codes graphiques de ses concurrentes japonaises ou américaines.
C'est précisément ce genre d'anomalies et de mystères industriels qui rend la collection de ces "bubuses en plastique" si amusante pour un passionné de votre trempe !
Etonnant, non ?
