Santanderino91 a écrit :Je ne pense pas que la simplification de la langue française aurait changé quoi que ce soit pour son utilisation dans le monde

. La langue d'usage international est le reflet de la puissance du moment. A une époque le français était la langue de la diplomatie car la France avait développé un grand réseau en europe et était quand même le poids lourd du continent démographiquement et militairement. Après Napoleon l'angleterre a fini de mettre en place sa thalassocratie puis ça a été le tour de passer la main aux usa qui parlent aussi anglais.
Je ne crois pas que simplifier la langue aurait changé quoi que ce soit, le plus fort impose sa culture aux autres tout simplement.
J'ai travaillé pas mal à une époque sur la reconnaissance du langage naturel en informatique et sur la traduction automatique. Le français est extrêmement difficile à modéliser en raison de son fonctionnement pour le moins non-intuitif et de ses nombreuses exceptions. C'est un énorme désavantage par rapport à l'anglais ou au chinois, langues qui sont beaucoup plus faciles à gérer par une machine.
La langue française est tellement complexe que même les ouvrages de grammaire française sont parfois à la limite de l'incompréhensible. Par exemple, prenons l'accord du participe passé. Voici la règle qui apparaît dans la plupart des ouvrages scolaires :
Le participe passé des verbes conjugués avec l'auxiliaire être s'accorde en genre et en nombre avec son sujet. Le participe passé des verbes conjugués avec l'auxiliaire avoir ne s'accorde jamais avec le sujet ; en revanche le participe s'accorde en genre et en nombre avec le COD quand celui-ci le précède.
Le principal problème avec cette règle vient des verbes pronominaux, qui ne rentrent pas du tout dans ce schéma. La plupart des ouvrages de grammaire sont obligés d'introduire toutes sortes d'exceptions à la règle ci-dessus (il y a des cas particuliers pour les "verbes essentiellement pronominaux", pour les "verbes pronominaux de sens passif", pour les "verbes pronominaux réfléchis" ou pour les "verbes pronominaux réciproques"), afin de tenter de parvenir à expliquer pourquoi on doit dire :
"Elles se sont parlé hier" mais "Elles se sont vu
es hier" ;
"Elles se sont lavé les mains" mais "Elles se sont lavé
es dans la rivière".
En fait, tout le problème vient à mon avis du fait que la langue française est aux mains d'éminents spécialistes qui se complaisent dans cette complexité qui justifie leur existence. Pour simplifier tout ça, il suffirait en fait de considérer que la règle d'accord du participe telle qu'elle est en général énoncée est incomplète et que la règle devrait être présentée comme suit :
Pour les verbes qui se conjuguent avec l'auxiliaire "être", à l'exception des verbes pronominaux, le participe s'accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet. Pour les verbes qui se conjuguent avec l'auxiliaire "avoir", ainsi que pour les verbes pronominaux, le participe passé ne s'accorde jamais avec le sujet ; en revanche le participe s'accorde en genre et en nombre avec le COD quand celui-ci le précède.
Tout devient alors logique et il n'y a plus d'exceptions (même si ce n'est pas simple) :
"Elles se sont parlé hier" => le pronom réfléchi "se" est un complément d'objet indirect (parler à quelqu'un), donc pas d'accord ;
"Elles se sont vu
es hier" => le pronom réfléchi "se" est un complément d'objet direct (voir quelqu'un) et il est avant le participe, donc accord avec le COD ;
"Elles se sont lavé les mains" => le pronom réfléchi "se" est un complément d'objet indirect ("les mains" est le COD et il est placé après le participe), donc pas d'accord ;
"Elles se sont lavé
es dans la rivière" => le pronom réfléchi "se" est un complément d'objet direct (laver soi-même) et il est avant le participe, donc accord avec le COD.
Bref, la grammaire française est truffée de ces bizarreries que seuls quelques spécialistes maîtrisent vraiment, sans parler des incongruités de la conjugaison ou de l'orthographe... Et je ne comprends pas en quoi tout cela pourrait être un atout pour notre pays !
Amitiés,
Abbazz