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Re: Les chaussures pour gens normaux
Posté : 20 sept. 2026, 19:38
par Reno
vitiflor a écrit : 19 sept. 2026, 22:01
Attention à la nostalgie que peuvent véhiculer ces images.Elles sont très intéressantes et j'aime bien les regarder pas majorativement pas représentatives.
C'est exact.
C'est vrai que ces séquences sont très "Parisiennes".
Des années 1890 aux années 40 la population française était rurale à une moyenne de 60 %. Et je peut vous dire qu'ils était pas fringués comme les gens de la ville qu'on voit aux terrasses des cafés des beaux quartiers parisiens.Une immense majorité était des paysans soit journaliers soit ayant une petite ferme avec quelques vaches dont ils n'était que locataire.Comme mes grands parents paternels et maternels.Bref pas la gloire.
Je suis la première génération à avoir été propriétaire de l'ensemble de mon exploitation tout en ayant commencé en étant que locataire.
Je montrait l'autre jour une photo de mon père pour sa communion en 1940 à mes petits enfants.Elle a été prise dans la cour de la ferme en compagnie de ses parents et de mon arrière grand-mère.Il était le seul à être bien sapé mais les trois autres de la photo était habillé en tout les jours et chaussés de sabots.
J'expliquait à mes petits enfants qu'ils était comme ça parce qu'ils avait pas de sous.Tout simplement.Et le repas de communion ben c'était la même gamelle que tout les jours.
On a tous ces photos de famille, et c'est vrai qu'on a l'impression d'un autre monde. Dans ma famille, la grande bascule a eu lieu dans les années 60. Dans l'immédiate après-guerre pour mes grands-parents, qui ont certainement connu la plus grosse progression sociale, passant de milieux très modestes à cette classe moyenne qui allait connaître ses heures de gloires pendant une décennie (ça a commencé à dégringoler dans les années 70 jusqu'au déclin amorcé dans les années 80).
Re: Les chaussures pour gens normaux
Posté : 20 sept. 2026, 19:50
par Reno
Gér@rd a écrit : 20 sept. 2026, 08:42
Les chaussures
Clerget si on y ajoute
Bata et
André (le chausseur sachant chausser

) ça me replonge tout de suite dans les années '50 et '60...


Pour la suite je ne parle que de ce que j'ai bien connu c'est à dire des populations citadines et plus particulièrement de Paris. J'y habitait chez mes parent dans un quartier populaire à l'époque (le 13ème arrondissement). Clerget c'était pas le haut de gamme comme on l'entend de nos jours (le niveau de vie de l'époque n'avait rien à voir) c'était en quelque sorte un haut de gamme pour les milieux modestes. On n'était pas encore dans la société de consommation et l'achat était purement utilitaire. Le grand ordinaire c'était André ou Bata et pour de plus grandes occasions (chaussures du dimanche, première communion...) on achetait parfois des Clerget. Disons que Clerget c'était un peu plus élégant et raffiné qu"André. Mais on n'achetait pas des vêtements ou des chaussures tous les 3 ou même 6 mois. On avait généralement 2 paires de chaussures : celles de "tous les jours" et celles du dimanche ! Et pour les habits c'était pareil...
J'ai connu un peu la même chose avec
BALLY. Je n'ai pour ma part pas connu Clerget
Une petite nuance toutefois, si BATA était effectivement du tout-venant, ANDRÉ était un genre d'entre-deux, on va dire du milieu de gamme ; c'était un peu mieux. Je me demande d'ailleurs si ça n'était pas chez eux que je trouvais mes Minelli
Pour l'aspect vestimentaire amha le tournant s'amorce toute fin des années '60 mais ça va très lentement et faut arriver aux années '80 pour voir une explosion de couleurs et de modes extraverties (revers extra larges, pattes d'éléphants...etc). Mais auparavant on ne rigolait pas avec l'habillement ! Les documentaires YouTube de l'INA le montre assez fidèlement : dans le métro ou dans la rue on voit les hommes toujours en chemise/cravate et les femmes en jupe. Perso j'étais d'un milieu citadin assez modeste (papa petit employé de bureau, maman institutrice puis mère au foyer) et j'allais au lycée en chemise blanche, veste et cravate (les autres gosses c'était pareil, suffit que je regarde mes photos de classe de l'époque). Et mon père allait à son bureau tous les jours avec sa cravate...

.
J'ai toujours connu mon père en costume cravate pour aller bosser. Et pour les soirées, les hommes portaient la cravate. C'était un peu plus relâché chez les femmes, qui commençaient déjà à s'habiller un peu n'importe comment, sauf pour les réveillons du 31 où il y avait encore un semblant d'effort.
Moi le changement vestimentaire a eu lieu quand j'ai quitté le collège pour aller dans le privé à Versailles. Fini les baskets immondes, et j'ai découvert (avec délice) le charme des souliers en cuir
Pas de cravate par contre, je ne m'y suis mis que quelques années plus tard, en BTS, quand nous cherchions à rentrer (un peu clandestinement) dans deux boîtes de nuit Parisiennes (Régine's et Valère) où nous n'aurions pas dû nous trouver.
Re: Les chaussures pour gens normaux
Posté : 20 sept. 2026, 20:15
par Reno
Reno a écrit : 20 sept. 2026, 19:50
J'ai connu un peu la même chose avec
BALLY. Je n'ai pour ma part pas connu Clerget

ah tiens, par curiosité, je suis retourné jeter un œil chez BALLY ; apparemment, il y a eu correction de trajectoire
depuis la dernière fois.
La clientèle a dû leur dire d'arrêter de se foutre de la gueule du monde à essayer de refourguer de la semelle soudée à mille balles
Apparemment, c'est le retour du
Goodyear pour la construction
https://www.bally.com/fr-fr/products/sc ... er-6312231
Il faut le noter, parce que la tendance générale est plutôt au passage au Blake (et au soudé

).
https://www.bally.com/fr-fr/products/sc ... er-6308965
Il faudra juste qu'ils soient nettement plus créatifs dans le choix de leurs modèles, mais on va dire qu'il y a du mieux.
Un modèle un peu zazou :
https://www.bally.com/fr-fr/products/pl ... er-6308053
Enfin ça reste un peu coincé dans les années 90.
Ils gagneraient à booster sérieusement leur bureau de design

Re: Les chaussures pour gens normaux
Posté : 20 sept. 2026, 20:52
par Alligator 427
Les Chelsea sont sympas, par contre celles-ci...

Re: Les chaussures pour gens normaux
Posté : 20 sept. 2026, 21:55
par Reno
Oui, c'est la malédiction actuelle, de faire ce genre d'après-skis
Toutes les "grandes marques" sortent ce genre d'abominations. Apparemment, il y a un public.
Re: Les chaussures pour gens normaux
Posté : 20 sept. 2026, 23:53
par Trumpet
Alligator 427 a écrit : 20 sept. 2026, 20:52
Les Chelsea sont sympas, par contre celles-ci...
C’est presque aussi vilain qu’une botte pour soigner les entorses

Re: Les chaussures pour gens normaux
Posté : 21 sept. 2026, 08:19
par Gér@rd
Ce sont explicitement des "bottes d'hiver" pour femme. Ils ont aussi des après-ski pour homme (avec des lacets ça doit pas être très pratique...) mais je vois pas la contradiction avec le fait qu'ils ont surtout des chaussures classiques fines et élégantes...
Le vrai crime c'est plutôt des les vendre dans les 400/500 €

(à qualité égale on trouvera sans doute presqu'aussi bien à Decathlon ou au Vieux Campeur pour trois fois moins cher...).
Re: Les chaussures pour gens normaux
Posté : 21 sept. 2026, 09:46
par Reno
Gér@rd a écrit : 21 sept. 2026, 08:19
Ils ont aussi des après-ski pour homme (avec des lacets ça doit pas être très pratique...)
Je suis allé jeter un coup d’œil, par curiosité.
https://www.bally.com/fr-fr/products/ba ... er-6311963
Je ne savais absolument pas qu'ils avaient ça au catalogue
A ma grande surprise, je dois avouer que je trouve ce modèle
très réussi

(dans le registre 'chaussures de montagne')
Là pour le coup, il y a une vraie originalité, et je trouve vraiment le dessin extrêmement intéressant.
Bon, le prix, c'est autre chose
Par contre je me suis aperçu d'un truc un peu curieux en parcourant leur site... de nombreux modèles sont en rupture de stock...
soit ils ont vraiment une production très réduite et ils margent comme des gorets (ce qui est vraisemblable), soit il y a un soucis avec leur site.
C'est quand même curieux cette marque. Il y aurait moyen de faire quelque chose ; ils ont une identité visuelle pas inintéressante, mais ils semblent coincés entre deux mondes (classique/mode) sans avoir voulu trancher.
D'une manière générale, leur cuir grainé n'est vraiment pas mal.
J'aime bien leur code couleur, avec cet espèce de bordeaux/cramoisi.
Re: Les chaussures pour gens normaux
Posté : 21 sept. 2026, 11:06
par OliveOil
Bally est en situation de crise, ce qui peut expliquer les modèles en rupture sur leur site...
https://frontaliereticino.ch/fr/article ... nciements/
Re: Les chaussures pour gens normaux
Posté : 21 sept. 2026, 11:42
par Reno
Ah oui, c'est mal embarqué.
Crise Bally à Caslano : 25 autres licenciés au Tessin
Par Redazione Frontaliere Ticino
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Publié le 14 septembre 2026
Actualité récente
Nouvelle procédure de licenciement collectif pour Bally à Caslano : 25 autres administrateurs en danger. Les données financières et le moratoire Transliq AG.
En bref
Crise Bally : fermetures de boutiques et faillites
Blocage total des activités à Caslano
25 licenciements supplémentaires dans l'administration
Bilans dans le rouge avec des pertes de plusieurs millions
Fonds acquéreur : Regent LP
Site de production : Caslano
Société de procédure : Transliq AG
Licenciements : 25 travailleurs
Employés actuels : 54 salariés
Pertes 2024 : 60,5 millions
Pertes 2025 : 27,7 millions
La trajectoire de la marque de luxe historique Bally a connu un nouveau chapitre dramatique, marqué par des procédures de faillite, des fermetures de boutiques et des tentatives de vente de la marque infructueuses au cours des deux dernières années. Depuis qu'en août 2024, le fonds d'investissement américain Regent LP a repris l'entreprise, la situation a pris une tournure complexe, culminant avec le blocage total des activités de production sur le site tessinois de Caslano. L'inquiétude parmi les employés et les anciens collaborateurs a atteint des niveaux très élevés après les dernières annonces officielles.
La nouvelle procédure de licenciement collectif
Selon les dernières informations du journal laRegione, la société Transliq AG — chargée de gérer la phase délicate du sursis concordataire — a annoncé une nouvelle procédure de licenciement collectif. Cette mesure risque de frapper directement 25 autres travailleurs de la zone administrative, dans ce que beaucoup craignent ne pas être la dernière série de coupes. Le redimensionnement de la présence de l'entreprise sur le territoire apparaît impitoyable en chiffres si l'on regarde l'évolution récente des effectifs de la marque dans le Canton du Tessin.
La réduction de la main-d'œuvre à Caslano
À l'origine, Bally employait 169 personnes dans toute la Suisse, dont 122 rien que dans l'usine de Caslano. Sur les quelque 100 employés encore présents au mois de juin, la situation a encore empiré pour se réduire à seulement 54 salariés. À ce chiffre s'ajoute une douzaine de collaborateurs encore actifs dans les points de vente du réseau suisse. Un tableau professionnel dramatiquement compromis qui met en péril des compétences historiques liées au territoire tessinois et à la tradition manufacturière locale.
La réduction de la main-d'œuvre et l'arrêt de la production à Caslano constituent un coup dur pour le tissu économique local et pour les travailleurs qui gravitent autour du canton du Tessin. L'évolution de la crise d'entreprise démontre à quel point la stabilité de l'emploi dans le secteur manufacturier et du luxe peut être fragile face aux changements de propriété et aux gestions financières complexes telles que celle du fonds américain Regent LP. Pour ceux qui travaillent ou ont travaillé dans l'établissement, le sursis concordataire géré par Transliq AG ouvre une phase d'incertitude extrême, où chaque poste de travail, qu'il soit administratif ou productif, est remis en question.
Les données financières et l'effondrement des comptes
La gravité de la situation est confirmée par les comptes des trois dernières années enregistrés par l'entreprise. Après un Ebitda positif de 43,5 millions de francs en 2023, l'année 2024 a marqué une chute verticale s'est soldée par un rouge de 60,5 millions. En 2025, la perte s'est partiellement réduite à 27,7 millions, mais le flux de trésorerie opérationnel est resté largement négatif à hauteur de 16,45 millions de francs. Ces chiffres expliquent la rapidité avec laquelle on est passé des tentatives de relance à la fermeture des activités de production et aux coupes de personnel.
Le plan de vente et l'avenir de l'établissement
Pour tenter de sauver l'activité, dans le cadre du sursis, un processus de vente de la structure de production a été lancé. L'opération vise la cession du site de Caslano, y compris les installations, les contrats de location et de travail, avec pour objectif prioritaire de reprendre la production et de protéger les emplois locaux. En revanche, la marque reste exclue de la négociation, sortant de deux précédentes tentatives d'acquisition qui se sont soldées par un échec. Cette séparation entre la marque et les infrastructures de production représente la dernière carte pour préserver la structure suisse et donner un avenir aux employés restants, dans l'attente de comprendre l'issue des négociations en cours.