Abbazz a écrit : 12 oct. 2026, 10:38
Je me faisais exactement la même réflexion sur la déserification du centre-ville quand j'habitais à Vendôme de 2010 à 2013, ce qui prouve que c'est un processus qui n'est pas nouveau ! Le Faubourg-Chartrain, qui est la principale rue commerçante du centre-ville, voyait déjà toutes ses boutiques fermer les unes après les autres.
Ah oui, si tôt que ça ?
Parce que nous y sommes venus pour la première fois l'été 2009, et on trouvait toutes ces années qu'hormis la grande boutique de décoration, les boutiques avaient tendance à se maintenir plutôt bien.
En 2022, quand nous sommes venus nous installer à temps plein, on se faisait encore la réflexion que le centre-ville résistait plutôt bien.
Et puis Camaieu a fermé, et là depuis un an, c'est vrai que les devantures vides commencent à se remarquer.
On discutait l'an dernier avec la fille qui tenait le ERAM où Madame avait ses habitudes, au moment de la fermeture. Elle nous expliquait que c'était une décision du groupe ; la boutique tournait, mais
pas assez pour les actionnaires (même chose pour le Jardiland de Châteaudun, l'an dernier).
Problème compliqué par des loyers très élevés exigés par la ville.
Bref, ça commence à sentir pas bon
Je me rappelle avoir discuté avec des commerçants désabusés qui se plaignaient que la gare TGV n'avait pas tenu ses promesses. En effet, Vendôme est une ville qui était dans le passé connue pour ses entreprises artisanales dans le domaine de la tannerie et de la ganterie. Puis la ville avait connu une forte expansion depuis les années 1960 autour d'un pôle de production industrielle. En 1990, la ville avait obtenu que la ligne TGV Paris-Tours-Bordeaux passe à proximité de Vendôme plutôt que par Blois. L'implantation d'une gare TGV dans la commune voisine de Villers-sur-Loir devait dynamiser Vendôme, désormais à 45mn de train de Paris.
Mais le coup de boost ne s'est jamais vraiment produit. Certes, certains Parisiens aisés ont décidé de s'installer dans le coin ou d'y acquérir une résidence secondaire mais la plupart de ceux-ci ne participent pas vraiment à la vie de la commune. La ligne TGV ne permet pas de transporter des marchandises et n'a donc pas vraiment désenclavé Vendôme d'un point de vue logistique, accélérant la désindustrialisation à laquelle on assiste partout en France, ce qui a provoqué un déclin démographique continu depuis le début des années 2000. Et puis, comme tu le soulignes Reno, la généralisation du shopping sur internet a achevé de plomber le commerce dans le centre-ville.
Oui, alors le coup du TGV, je me souviens que mon père me bassinait les oreilles avec ça, à l'époque où il avait lancé la construction de la maison...
De une,
on en avait parlé à l'époque, la gare est complètement excentrée (elle n'est
pas du tout à Vendôme, en fait), ce qui fait que ça rend son intérêt très relatif, dans la mesure où il faut prendre la bagnole pour s'y rendre
D'autre part, dans notre cas, nous habitons à 25min en voiture de Vendôme. On perd donc 50 min à chaque fois pour "profiter" de la gare TGV

c'est zéro, en pratique.
Ça ne me surprend donc pas que cette gare n'ait rien apporté (de notable) pour l'activité économique de la région.
Je me rappelle le premier dimanche que j'ai passé à Vendôme. C'était fin septembre et la maison que nous avions décidé de louer était vide. Nous avions passé la journée à déballer les cartons de notre déménagement. Après avoir bossé du matin au soir, nous avons décidé vers 20h00 d'aller dîner en ville. Nous avons fait trois fois le tour des restaurants fermés de la ville, qui paraissait complètement morte. Après avoir visité tous les recoins de la ville abandonnée comme après une catastrophe nucléaire, nous avons fini par trouver une pizzeria glauque et déserte qui a accepté de nous servir des trucs qui sortaient tout droit du congélateur.
Nous n'avons plus jamais essayé d'
aller dîner un dimanche soir à Vendôme !
Ah nan mais là vous cherchiez les ennuis, aussi
En matière de choix, à Vendôme même, il y a vraiment de quoi faire (cuisine Française, plusieurs brasseries, asiatique, Indien, Italien, Turc -restaurant et restauration rapide-), mais le soucis c'est plus les tarifs qui commencent à devenir élevés.
Pour l'activité en elle-même, on demandait Vendredi à notre Indien habituel comment s'était passé l'été avec les trois mois de fournaise, et il nous avait répondu qu'en fait c'était TOUTE L'ANNÉE qui avait été au ralenti, et qu'un de ses cousins qui vit pourtant à Paris avait fait exactement le même constat.
Les gens n'ont plus une thune, et les prix continuent à grimper comme si de rien n'était.
Toute une couche de la population commence à être exclue des consommations courantes, et le restaurant fait vraiment partie des secteurs qui sont en train de se transformer à toute allure en "produit de luxe" (en tout cas côté tarifs) qui sera à ce rythme-là inaccessible à une forte proportion de la population.
Tout ça est bien triste
