Poursuivons nos bonnes résolutions avec la revue d’une montre absolument fantastique, peut être celle que vous me connaissez le plus, la quasi parfaite U50 !
Quatrième et dernière revue de mon quatuor actuel après les :
- Seiko Marine Master 300 (SBDX017)

- Marathon GSAR LHD

- ZRC Grands Fonds 300

En attendant la prochaine qui ne devrait pas trop tarder maintenant !
Bref, comme d’habitude, entamons cette revue avec un peu d’histoire !
Commençons donc par le début : Sinn !
La marque
Sinn, c’est une marque allemande, fondée à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne donc, par Helmut Sinn (sans blague !) en 1961.
Helmut Sinn est un ancien pilote de chasse et instructeur de vol. Et ça a son importance ! Il voulait créer des montres de haute précision, fiables et lisibles.
Au début de la marque, la production est faite en sous-traitance, avec une attention particulière à la fiabilité pour une utilisation à des fins aéronautiques ou militaires.
En 1994, changement de braquet, Helmut Sinn revend la marque à Lothar Schmidt (ancien de chez IWC). Sinn devient manufacture, change de nom Sinn Spezialuhren GmbH et se tourne vers la R&D. Quelques exemples marquants :
1995 : mise en production de la technologie Ar pour le contrôle de l’humidité dans la montre et empêche la buée dans le verre même avec des changements brusques de température
1996 : mise en production de la technologie Hydro qui est le remplissage de la montre d’un liquide et qui permet une résistance à la pression exacerbée et une lisibilité absolument incroyable
2001 : la technologie DIAPAL qui élimine l’utilisation d’huile dans les parties critiques du mouvement en utilisation des matériaux et combinaison de matériaux autolubrifiants.
2003 : la technologie Tegiment qui est un durcissement de la surface des matériaux
Bref, une marque tournée vers la fiabilité, l’efficacité et qui cherche à faire évoluer les technos. Tout ce qui me plait !
L’histoire de la montre
La U50, c’est le rapetissement de la U1. Cette vénérable grande sœur est sortie en 2005.
En 2019, Sinn se décide enfin à sortir sa montre de plongée "ultra-robuste" en version 41mm (contre 44mm), et 11.15mm (contre 14.7mm). Oh, on perd 500m d’étanchéité dans l’histoire : 500m contre 1000m pour la U1.
Les spécifications techniques
Sinn U50
Boîtier
Diamètre : 41 mm
Épaisseur : 11,15 mm
Longueur corne à corne (lug to lug) : 47 mm
Matériau : Acier sous-marin allemand, extrêmement résistant à l'eau salée
Traitement Tegiment
Étanchéité : 500 mètres (50 ATM), certifiée selon la norme DIN 8310
Résistance à la pression : testée pour la plongée avec équipement selon la norme DIN 8306 et EN 250 / EN 14143
Fond de boîte : vissé
Couronne : vissée à 4h, protégée
Poids : 74g
Lunette
Unidirectionnelle, sécurité anti-retour
Insert gradué 60 minutes
Verre
Verre saphir inrayable, traité antireflet sur les deux faces
Mouvement
Sellita SW300-1
Aiguilles et index avec Super-LumiNova
Date
Le packaging
Très simple et très efficace : nous sommes sur une plongeuse professionnelle, alors on est traité comme tel. Bref, utilitaire, fonctionnel et sans luxe ostentatoire.

(source : reddit)
Le cadran
Le cadran noir mat offre une lisibilité optimale en toutes conditions, sans reflets gênants.
L’inscription "Sinn" à 12h est blanche et imprimée.

A 6h, en capitale et en rouge, nous avons : "U50", "AUTOMATIK" "500m/50bar".

En gris foncé, à peine visible, entre les index entre 5 et 7h, "Made in Germany".

Et à 3h, à la place du marqueur, se trouve la date sur fond noir.

Les index
Certains parlent d’index "Lego" et je comprends pourquoi.

Carrés et massifs, blancs, avec des marqueurs plus longs à 6, 9 et 12 heures. C’est simple, efficace et diablement lisible.

Et pour ajouter un peu de lisibilité, les index se prolongent par un chemin de fer blanc et bien défini.

Les aiguilles
Vous pensiez que les index étaient massifs ? Regardez moi ces aiguilles seringues ! Rectangulaires, donc, blanches avec une base rouge distinctive.

L’aiguille des secondes parait plus sobre ? C’est oublier son bout carré et rouge, entouré de deux traits blancs. Sur le cadran noir mat, c’est LISIBLE !

Quelques macros (avec un facteur de grossissement de 1,9:1) :


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Le boitier
J’adore ce boitier, simple mais exemple d’ingénierie fonctionnelle : compact, incroyablement solide, conçu pour durer et résister aux environnements extrêmes.
Au contraire de la MM300, ici, pas de place pour les chanfreins : on est sur un boitier étonnamment fin et si "brut" à la fois.
Les cornes sont percées (évidemment).

Le boitier est usiné par SUG, comme on peut le voir.

Le verre
Le verre est un saphir avec anti reflet interne et externe comme Sinn aime faire.

Côté face : une lisibilité absolument incroyable. Côté pile : un AR externe ça s’abime. Le mien à une sorte de pellicule bleue qui apparait dans certains angles uniquement.

La lunette
La lunette est captive, c’est-à-dire retenue par deux vis à 12 et 6h. J’adore regarder ce travail de visserie.


En terme de préhension, c’est "bof +". La lunette était très dure à faire tourner au début, elle est plus souple maintenant.
Malgré ses jolies dents, elle reste assez dure à attraper.

Bref, c’est bon, mais pas à la hauteur de l’élite du domaine : la Marathon ou la Pelagos. En revanche, il n’y a aucun retour : le mécanisme de blocage est particulièrement bon.
Pour plus de robustesse, Sinn ne s’est pas embêté avec un insert. Ici la lunette est en Tegiment de la même couleur que le reste de la montre.

A 12h, on retrouve un triangle de lume.

Les chiffres et indications de minutes sont "gravés" dans la lunette et recouverte de noir ou de rouge en fonction de l’endroit. C’est honnêtement parfait dans la réalisation (je n’ai jamais vu une Sinn qui a perdu une dent comme cela pouvait arriver avec la Pelagos).


Le fond
Basique, certes, mais avec de la littérature quand même !

La couronne
J’adore la couronne de la U50 : facile à attraper et avec un joli S embossé !

Le bracelet
Ma U50 était livrée avec un bracelet acier Tegiment aussi.
Le bracelet est hyper confortable (j’ai du enlever tous les maillons par contre, visserie en hexagone pour ici), avec une boucle avec 3 positions de réglage et extension de plongée.

Le bracelet est parfait à mon goût (et d’ailleurs, c’est la configuration avec acier que je porte le plus). La boucle est en dessous de ce qui se fait aujourd’hui (l’absence de micro réglage notamment). C’est pour cette raison que Sinn a sorti une version upgradée ces derniers mois.

Le mouvement
Un très basique SW200 Elaboré à l’intérieur ! Honnêtement ça me va très bien, on sait que c’est réparable par tout le monde, c’est exactement ce qu’il faut à une montre qui risque d’en voir de toutes les couleurs !
Le lume
Sans doute l’un des petits points faibles de cette montre. Le lume tient toute la nuit, mais il est pale. Il ne fait pas le poids fce à une ZRC ou une Seiko en terme de brillance. Après, il est efficace sur la durée, donc rien de spécifique à lui reprocher.

(source : Hodinkee)
Conclusion :
Pardon, mais ça ressemble à la perfection, non ?
Cette montre je l’ai attendue très longtemps (dès les rumeurs de sa sortie en 2017/18). Mais c’est un budget, et j’ai d’abord acheté la EZM3 (qui est vraiment une montre que j’aimerais avoir de nouveau : pour moi ce qui se fait de mieux dans le segment plongeuse/tool-watch à moins de 1500e d’occasion) puis la U1 (qu’on trouvait parfois d’occasion pas trop chère). Avant de finalement revendre cette dernière pour acquérir ce graal, en mars 2022.
Et pour être honnête, j’ai mis du temps à apprivoiser sa perfection. J’ai mis du temps à la porter vraiment : jusque là, toutes mes montres avaient des petits défauts qui les rendaient attachantes. Cette U50 n’a pas de défaut, et du coup, elle semblait presque "moins attachante".
Oh, je me suis rattrapée depuis, elle m’a suivie en Asie –évidemment ! Elle est de toutes mes aventures. Sur l’année 2025, elle a occupé mon poignet 40% du temps.
Alors si je devais livrer ses défauts, je dirais seulement son A/R extérieur qui fait des siennes.
Le reste ? Certains diront "la boucle du bracelet est dépassée" : c’est vrai, mais c’est le bracelet acier le plus confortable que j’ai. D’autres diront "le lume n’est pas incroyable" : c’est vrai, mais il est lisible absolument toute la nuit quand même.
La montre parfaite n’existe pas ? Sans doute, mais je crois que j’ai trouvé ma montre parfaite, c’est une U50 Tegiment.
Et pour ouvrir sur une autre réflexion, j’ai trouvé ma montre parfaite en 2022, pourtant j’ai acheté 10 montres depuis. J’ai longtemps voulu aller vers la montre unique, mais je pense que je n’y arriverais pas, tout simplement : j’ai ma montre parfaite et je continue à en acheter et à en vouloir de nouvelles…
Et quelques photos en situation :












